KIMONOSHIMA #1-création d'art porté Marie Pourchot-2013-danse Anaïta Pourchot-Photo Alain Scherer

KIMONOSHIMA

L'origine du projet « Kimonoshima » repose sur le désir d’envisager la catastrophe naturelle de 2011 au Japon à partir d’une réflexion sur les quatre éléments. J’ai choisi pour ce projet de réaliser des Kimonos , car ils ont la caractéristique d’être des vêtements unisexes, libres de tout codage, permettant à la danseuse, au performeur ou à moi même de les revêtir comme s’il s’agissait d’une toile qui s’autonomise de son support immobile.

Les kimonos que je réalise, rendent hommage à leur étymologie et à leur usage originaire, littéralement une « chose portée sur soi », l’habit par excellence, sans coupe vestimentaire distinctive. Mais également à leurs usages plus traditionnels, distingués et dignes lorsqu’ils sont utilisés pour les cérémonies et grands évènements. Et enfin dans leur contemporanéité avec leur usage devenu universel en tant que « vêtement monde ».

Le suffixe -Shima désigne une île, une surface encerclée d’eau et vue de la terre. Je m’approprie ce suffixe pour une finalité symbolique destinée à signifier l’existence imaginaire d’une sorte d’outre-monde constitué d’œuvres d’art porté, invitant le contemplateur à entrer dans un rêve le temps d’une performance ou d’une exposition. .

KIMONOSHIMA #1 & #2

L'origine du projet « Kimonoshima » repose sur le désir d’envisager la catastrophe naturelle de 2011 au Japon à partir d’une réflexion sur les quatre éléments. Le Japon est un pays où la culture et la nature sont intimement liées, la nature est très présente dans le quotidien et dans le monde invisible (Kami), elle semble être un sujet allant de soi à la différence de la conception dualiste occidentale plus anthropocentriste. Intriguée par cette perception que les Japonais ont de la nature, j'ai souhaité exprimer un moment et un sentiment de nature intense par la création d'une œuvre textile. L’objectif a été alors de représenter la beauté des quatre éléments au calme, leur énergie spectaculaire lorsqu’ils se déchaînent et de montrer que l’homme subordonné et impuissant, malgré son assurance, n’en demeure que simple spectateur. Ainsi va Fukushima…

Pour rendre intelligible et sublimer mon interprétation des quatre éléments, j'ai opté pour une transversalité des arts, mêlant les arts plastiques/textiles et la danse contemporaine, créant ainsi un seul et même regard contemplatif sur la beauté tout en restant dans l’actualité des événements et des émotions. En se voulant contextuelle, cette création est la résultante d’une philosophie et d’une pensée fondamentale, basée sur la fragilité et la beauté de l’homme et de la nature. J'ai alors créé un kimono

artistique avec la volonté de le mettre en mouvement à travers le travail d'une danseuse. Ce projet a été présenté lors du concours « Atout Fil » en 2013 sous forme de performance, récompensée du 1er prix et du prix du public.

Kimonoshima 1 & 2-création Marie Pourchot-2013-2017-danse Anaïta Pourchot & Paula Carmona Jimenez-Photo Alain Scherer

KIMONOSHIMA in a previously bustling space

Cet espace si plein devenu si vide....
Performance Kimonoshima #1 & #2, dans le centre commercial du Polygone à Montpellier, après les confinements et durant les travaux en 2020.

Performance : Anaïta Pourchot de la Cie Dakipaya Danza, Marie Pourchot

Musique: Kamal Hafid

Video: Léo Brunet.

KIMONOSHIMA 1 & 2

Danse: Anaïta Pourchot et Paula Carmona Jimenez-Cie Dakipaya Danza-2018

Kimonoshima #3, Dans l'intensité du clair et de l'obscur- création Marie Pourchot-2025- détail-photo: Alain Scherer

KIMONOSHIMA #3

Dans l’intensité du clair et de l’obscur

Kimonoshima #3, Dans l'intensité du clair et de l'obscur- création Marie Pourchot-2025- danse: Elsa Decaudin-photo: Alain Scherer

KIMONOSHIMA # 3

DANS L’INTENSITÉ DU CLAIR ET DE L’ OBSCUR

création d’art porté-2025

Après avoir réalisé Kimonoshima #1 et #2, qui explorent les qualités, les textures et les couleurs du monde terrestre, tout en menant des recherches artistiques sur la guerre et l’exil, et après avoir traversé l’épreuve de la maladie, l’idée de raconter une histoire avec une expérience textile plus mystique a progressivement émergé dans mon esprit. Inspirée par l’œuvre de Pierre Soulages, je me suis approprié le noir, qui m’a accompagné durant des mois de création. Je raconte à mon tour une histoire, celle des ambivalences et des polarités qui se rencontrent : l’ombre et la lumière, la vie et la mort, le minéral et l’organique, le doux et le rugueux, la ligne et la courbe, la solennité et l’inquiétude, ainsi que la beauté.

Le kimono est noir. Ce noir engloutit, cache ou met en ombre des réalités présentes mais invisibles. Il symbolise le commencement du monde et le point de départ de mon œuvre. Le noir est univers, infini, ombre et obscurité mais aussi lumière. Le kimono est composé de plusieurs pièces de tissus noir qui se connectent différemment à la lumière perpétuant ainsi la notion de l’infini.

Lorsque le corps se meut et est éclairé, il fusionne totalement avec l’œuvre-kimono, ne formant qu’un. L’œuvre se détache alors du mur, s’émancipe de son support immobile et entre en mouvement. S’habiller de toile, s’incorporer dans l’œuvre. Dans mon travail, le kimono devient un espace de création, un acte d’expression artistique mêlant le corps au textile.

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